la bouteille à l'encre n° 19
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JOURNAL
DE DEBATS DU G.D.I.D., DESTINEE AUX
QUELQUES DIRECTRICES
ET DIRECTEURS
D'ECOLE DE 7 A 77 ANS,
ENVISAGEANT OU NON
DE SE REGROUPER SOUS
PEU ...
Diffusée
à 5173 écoles
sur 51 départements et
4 pays
N°
19 -
6
Septembre 2001 -
LES
PROPOSITIONS DU MINISTERE
Une
première réaction, toute personnelle, et qui n'engage que moi...
Tout
d'abord pour souligner qu'il nous a fallu attendre plus d'un an ces
propositions. Preuve s'il en est que la direction d'école ne semble pas être
le centre d'intérêt premier de notre Ministre. Preuve aussi que la grève
administrative à laquelle, pour ma part, je participe, ne saurait être qu'un
moyen de pression à long, voire très (trop ?) long terme. Preuve enfin qu'il
est besoin d'amplifier nos actions pour voir réellement évoluer notre
travail.
Pour
revenir à ces propositions, j'y trouve du bon, du moins bon, de l'anodin, de
l'inepte, du franchement débile et matière à réflexion. Sacré patchwork !
Au
titre du bon, peu de choses, si ce n' est la possibilité de conserver
l'inscription sur la liste d'aptitude lors d'un changement de département
ainsi que l'intégration, dans la formation, d'e modules juridiques. Ces deux
points étaient d'ailleurs mis en avant par le G.D.I.D.
Moins
bon ce qui concerne les dispositifs d'aide ( guide "pratique",
dispositif, dans chaque I.A., d'aide administrative et juridique, formation
continue, etc...). Ces idées, que nous revendiquons, mériteraient d'être
mieux précisées pour pouvoir évaluer leur portée réelle. Par exemple,
qu'en est-il de ce dispositif d'aide des I.A. ? Pour les participants de notre
université d'été, cela devrait être un "numéro vert",
disponible en permanence, permettant un contact immédiat avec les services
administratifs et judiciaires concernés, les avocats, etc... non un bureau
supplémentaire des plaintes en souffrance et des dossiers poussiéreux
("on vous répondra dans quelques mois...") Manque de précision,
tout ça !
Anodin:
l'annonce de journées de regroupement suivant la formation initiale ou le
fait de favoriser, en C.A.P.D., le cas des collègues ayant exercé une
direction par intérim. De simples mesures de bons sens auxquelles il est
d'ailleurs scandaleux de n'avoir pas pensé plus tôt ! Anodin aussi, les
propositions salariales. Qu'elles que soient les hypothèses retenues, cela ne
fait qu'hésiter entre la revalorisation minable et le pourboire humiliant
(130,67 Fr par mois: quelle largesse !)
Inepte,
voire grotesque, les promesses mensongères, lorsque l'on évoque l'équipement
informatique des directeurs d'école. A ce jour, il n'existe aucun statut des
directeurs d'école, et aucun statut d'établissement des écoles. Tant que
cela sera le cas, il n'y aura aucune obligation législative pour les communes
de subvenir à l'équipement informatique des directrices et des directeurs d'école.
Le Ministère n'ayant pas autorité à délivrer des équipements, nous
resterons soumis au jeu des subventions, des débrouilles et des bonnes ou
mauvaises volontés (ou possibilités) des communes.
Autant
dire que nous sommes loin, pour pas mal d'entre nous, de l'ordinateur, outil
de travail au quotidien !
Franchement
débile, par contre, la proposition de réduire à deux ans l'ancienneté
requise pour devenir directeur. Croit-on sérieusement résoudre ainsi la désaffection
croissante pour notre métier ? Je sais bien qu'il s'agit là d'une
revendication syndicale. Mais tout syndicat, aussi respectable soit-il, peut
bien se tromper. En l'occurrence, j'ai bien du mal à comprendre en quoi le
fait de baisser le niveau d'exigence envers la direction d'école pourrait
bien constituer une quelconque revalorisation de notre travail...
Matière
à réflexion au travers des ces groupements d'écoles et regroupements d'écoles
associés: ils traduisent au moins, de la part du Ministère, une volonté de
promouvoir d'autres structures que celles existantes, ce qui revient aussi à reconnaître
implicitement la nécessité d'une évolution. Tout semble d'ailleurs à
demi-teinte dans ces propositions: ainsi retrouve-t-on un rappel liminaire des
"valeurs et cultures du 1° degré"
qui prône d'éviter, pour les directeurs, un "statut OU un
positionnement hiérarchique".
OU,
et non ET. Là où quelques syndicats confondent parfois les deux, le Ministre
s'en garde. Pour mieux le refuser. Cela prouve cependant que notre discours
qui refuse de voir, au travers de l'exigence évidente d'un statut des
directeurs, un positionnement de "chefaillon", commence à porter
ses fruits.
Je
manque ici du temps nécessaire pour pouvoir mieux analyser ces propositions
de "regroupement d'écoles" ou "d'écoles associées". J'y
perçois uniquement leurs premiers aspects, positifs et négatifs. Positifs en
ce qu'ils reconnaissent, pour la première fois, la nécessité organique de
notre fonction et de notre travail. Positifs encore en ce qu'ils constituent
l'ébauche d'un réel statut des directeurs d'école.
Négatifs
pourtant sur bon nombre de points.
Tout
d'abord, en affirmant vouloir réduire "l'hétérogénéité actuelle des
structures et des conditions de travail qui en découlent", , il prétend
donner la priorité "aux plus petites écoles,..., en milieu
rural"...
Y
aurait-il directeurs des villes et directeurs des champs ? Doit-on accroître
les différences de traitement entre le R.P.I. du Loir-et-Cher et l'école
Z.E.P./R.E.P./D.S.U. de la vallée de l'Huveaune - Est de Marseille ?
On rentre ici dans un délire verbal, ou, sous couvert de différentialisme
(respect des us et coutumes locaux), on institutionnalise plus encore les écarts
existants. Notre métier est le même, où qu'on l'exerce, palsambleu ! (Là,
je m'énerve!) Est-il donc si difficile d'imaginer traitement égal, qu'elles
que puissent être les situations ?
Plus
grave me semble être les contours de ces "coordonnateurs". Même
si, effectivement, ils pourraient soulager une grande part de nos tâches
quotidiennes, je conserve quelques doutes sur l'avenir. J'ai l'expérience ici
des coordonnateurs Z.E.P.: s'ils assurent une grande partie du travail, cela
ne va pas sans réunionnite abusive, comptes-rendus insipides, enquêtes
longuettes et autres fanfrelucheries. Je ne suis pas vraiment sur que l'on y
gagne au change.
D'autre
part, il y aurait (et le Ministre le sait bien puisqu'il s'en défend)
création implicite de "super-directeurs", n'exerçant plus
en présence d'élèves, et n'ayant plus voix au chapitre en matière de pédagogie.
Nous
sommes quelques uns à avoir créé le G.D.I.D. pour défendre l'idée que
l'on puisse revendiquer un statut de la direction d'école qui ne nous
transforme pas en chefs d'établissement purement administratifs, mais en
responsables, pédagogiques et administratifs, d'établissements publics.
C'est dire à quel point nous sommes attachés à l'idée d'un contact nécessaire
avec les élèves, soit au travers d'une classe, soit au travers de la prise
en charge de groupes d'élèves.
Ces
"coordonnateurs" en sont très loin.
Il
me parait donc indispensable, qu'en tant que directrices et directeurs d'école,
nous puissions définir nos propres propositions, participer aux débats comme
aux actions et tenter, même modestement, d'influer le cours des choses.
Ce
que nous avons appris en quelques mois, au sein du G.D.I.D., mais aussi
d'autres associations, d'autres groupes, d'autres individus, n'est-il pas que
nous n'étions pas tout seuls à penser mêmes choses ?
Thierry
Fabre Ecole de La Millière -
Marseille
ON
S'ECRIT...
Je
prends un peu de temps pour vous dire combien je partage les préoccupations
de mes collègues directeurs. Directeur d'école depuis 14 ans, j'ai vu ma tâche
s'alourdir au fil des années. Aujourd'hui, bien que déchargé un jour par
semaine, le temps me manque de plus en plus pour accomplir toutes les tâches
qui m'incombent et je plains sincèrement mes collègues sans aucune décharge.
J'exerce deux métiers distincts qui se contrarient l'un l'autre et qui
deviennent de plus en plus Incompatibles.
Comment
mener à bien une leçon quand le téléphone sonne? Ne pas répondre ? C'est
passer son temps à téléphoner pendant les récréations ou le soir après
la classe. Répondre? On ne sait jamais à l'avance combien de temps durera la
conversation au moment de décrocher....Et que font les élèves pendant ce
temps?... Vive l'autonomie!
Comment
consacrer le temps nécessaire à la préparation de classe et aux corrections
avec le temps nécessaire à la direction (courrier, réunions, parents, collègues,
emplois jeunes, administration ...). Les journées n'ont parfois pas assez de
24 heures, sans parler du manque total d'autonomie
administrative et financière. Etant en ZEP, je jalouse cette autonomie
financière du collège lorsque nous devons dépenser les crédits spécifiques
pratiquement le jour de leur attribution
(j'exagère
à peine)
Alors
je suis comme pas mal de mes collègues que j'ai pu lire dans vos pages :
frustré dans mon travail d'enseignant avec le sentiment de ne pas donner à
mes élèves tout ce qu'ils seraient en droit d'attendre de moi et frustré
dans mon travail de direction pour lequel j'enrage souvent de ne
pas pouvoir consacrer plus de temps.
Aussi,
je me prends parfois à rêver d'une école plus grande avec une décharge
complète qui me laisserait le temps d'assumer vraiment le métier de
directeur... Manque de chance, il n'en existe pratiquement aucune dans mon département
... comme dans la plupart des départements ruraux je suppose.
Votre
idée d'association me parait bonne à condition qu'elle soit un lieu de
discussion et de proposition. Ce que j'ai pu lire jusqu'à présent allait
plutôt dans le sens du constat que dans celui de la réflexion. Je me permets
donc de vous faire part de quelques unes de mes pensées, en espérant
qu'elles pourront servir à l'amorce d'une discussion sur notre vision de
l'avenir de notre métier:
-
Statut juridique de l'école, personne morale à part entière
-
Regroupement d'écoles rurales dans un pôle (au statut à définir) d'une
quinzaine de classes justifiant d'une direction déchargée avec un nombre
d'enseignants supérieur au nombre de classes (répartition des remplaçants,
enseignement des langues vivantes...)
-
Autonomie financière (fonctionnement de l'école, pas des bâtiments)
-
Redéfinition du statut des personnels communaux travaillant dans les écoles
(vraie mise à disposition)
Cette liste n'est pas exhaustive et j'espère que vous réagirez vite à ces
pensées.
Ecole Publique Mixte 23400 Saint Dizier Leyrenne
école.sdl@wanadoo.fr
Bientôt
la fin des vacances. Nous retrouverons notre cher IEN pour la traditionnelle réunion
de pré-rentrée. Les esprits chagrins diront que c'est le moment le plus déprimant.
Ne les écoutons pas : voici un petit jeu, très en vogue chez les cadres supérieurs
astreints eux aussi aux réunions, qui devrait tuer le temps tout en vous
donnant l'air d'un élève très attentif au discours du patron.
Le
Bingo des dirlos
|
"projet
d'école |
"je ne saurais tolérer" |
"nouvelles directives" |
"vous
ne me ferez |
|
"un
peu de travail |
"projet
d'école |
" j'ai pensé que..." |
"je
ne veux pas |
|
"projet
d'école à |
"je
compte sur vous" |
"vous
ne pourrez plus" |
"vous
ne pouvez plus" |
|
"il
n'est plus |
"j'ai
eu l'idée" |
"vous
ne devez plus" |
"vous
direz à |
Règle du jeu : chaque fois que l'IEN propose l'une des expressions suivantes, cocher la case.
Dans la règle originale, dès que l'on a coché les 16 cases, la tradition veut que l'on se mette debout
en
criant "Kowabunga" ou tout autre cri de guerre.
Jacques
Risso - Ecole de Rustrel (
Vaucluse ) Rustrel@free.fr
ET
AILLEURS...(Suite)
Que
sont et que font les directeurs d'école dans d'autres pays d'Europe ?
RAPPORTS
AVEC LES ADULTES
AUTRICHE:
-
Il conduit l'école en ayant la responsabilité des enseignants.
Il est responsable de tout ce qui se passe dans l'école (responsable
de l'attribution des classes, de la surveillance, etc..). Il
n'a aucun avis à donner sur le choix des enseignants mais est le supérieur
direct au quotidien. Il doit aider les enseignants soit par l'animation soit
par la demande de conférences pédagogiques.
Il est responsable de la coopération pédagogique dans l'école. Il
intervient dans les méthodes d'enseignement s'il juge qu'elles peuvent ne pas
s'intégrer dans les directives. Il peut aussi être chargé de l'aide
psychologique aux collègues en cas de besoin (c'est un peu la "bonne à
tout faire" de l'école). - Il a souvent des tâches d'enseignement
(l'Autriche a beaucoup d'écoles de village)
GRANDE-BRETAGNE:
Il
est chargé de l'application des règles nationales et de celles du comté
quand il y en a..Il a un contrat d'emploi.
Il est responsable de l'organisation interne de l'école mais il doit
consulte régulièrement le C.A, les enseignants, les parents. Il participe à
la nomination (et au renvoi le cas échéant) des enseignants nommés
officiellement par le C.A. Il commence par établir les profils nécessaires
par rapport à la politique de l'école puis recrute avec le C.A..
Il est responsable de la sécurité et de la santé dans l'école.
Il est responsables des différentes personnes travaillant à l'école:
enseignants, assistants d'enseignement, sous-directeurs, concierge, secrétaires,
technicien, parents bénévoles ..) Il
doit quelques heures d'enseignement dans l'école (souvent réservées à la
morale ou la vie en commun).
ALLEMAGNE:
Il
est en même temps en partie enseignant.
Il est le responsable hiérarchique de tout adulte de l'école mais est
lié dans ses actions par les décisions des différentes instances de l'école
(Schulkonferenz, Lehrerkonferenz, Schulpflegschaft (parents d'élèves)) avec
lesquelles il doit être en constantes relations. Sa collaboration est aussi
étroite avec les collectivités locales.
Il délègue une partie du travail administratif à un sous-directeur
mais reste seul responsable. Il
est tenu d'être présent pendant les vacances, avec un intérim pour les
moments d'absence. Il
accorde les congés jusqu'à 3 jours pour les enseignants, gère les congés
des personnels de service
PAYS-BAS:
Il est responsable de toutes les décisions prises dans l'école.
Trois grands axes de travail: définir
une stratégie d'école / définir
un budget qui la soutend / négocier
avec les intermédiaires (administration locale, Conseil d'Administration,
syndicats ...) Il définit les profils d'enseignants nécessaires à l'école.
Il établit des plans de formation interne aux enseignants de l'école.
Il est aidé dans les tâches quotidiennes par un sous-directeur. La
collectivité locale par des aides à la formation (ou quelquefois les
parents) subventionnent des emplois annexes dans l'école (L.C.O, concierge,
personnes de service, personnel administratif). Il est responsable en cas de
mauvais résultats d'élèves (licenciements d'enseigants ou de directeur).
Il met en place des stratégies pour les élèves en difficulté (achète
ou négocie des heures ou des postes spécialisés)
LES
ARCHIVES DE "LA BOUTEILLE"
Vous
pouvez désormais consulter les dix-huit numéros déjà parus, à l'adresse
suivante:
http://perso.wanadoo.fr/labastidonne/direct0.htm
et
ce, grâce à l'initiative d'un collègue du Vaucluse, Michel Bourbao, qui les
héberge sur le site de son école. Grand merci à lui et petit conseil: s'il
vous arrive de les consulter, jetez un coup d'oeil au reste du site...
Pour
un statut original de la direction d'école ,
pour
un statut d'établissement public du 1° degré
LE
G.D.I.D. (GROUPEMENT
DE DEFENSE DES INTERETS DES DIRECTEURS)
Pour
nous rejoindre dans cette association....
par
courrier: retournez
ce bulletin à : G.D.I.D. 106,
Chemin du Vallon des Escourtines, 13011 Marseille
ou
par email: comportant
les mêmes indications adressé
à mailto:thierryfabre@worldonline.fr
(Le
montant de l'adhésion est de 100
F - chèque à l'ordre de "G.D.I.D.")
G.D.I.D.
/ BULLETIN D'ADHESION
Nom:
....................... Prénom:
.................................
Adresse:.....................................
Code Postal:
.........
Ville: ..........................
Ecole
( Nom et Adresse):
..........................................................................................
Facultatifs
(mais bien utiles) Tél. Fax Email: ..........................................................
q
Directrice
/ Directeur en exercice, y
compris les collègues adjoints faisant fonction
q
Directrice
/ Directeur retraité
q
Adjoint
ayant fait fonction pendant au moins un an
SI
ON N'EST PAS UN DE PLUS, ON SERA PAS UN DE MOINS ...
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