la bouteille à l'encre n° 4

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LETTRE D'INFORMATION A TIRAGE TOUJOURS ALEATOIRE, DIFFUSION UN PEU MOINS CONFIDENTIELLE

ET CONTENUS MULTIPLES DESTINEE AUX QUELQUES DIRECTRICES ET DIRECTEURS D'ECOLE DE CE PAYS

N'ENVISAGEANT PAS ENCORE DE DEMISSIONNER

N° 4

DIFFUSEE A 925 ECOLES

On nous écrit encore...

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Bravo votre initiative.

Ici (Rhône, secteur de Fontaines/Rillieux) la grève est assez bien suivie. Le problème des décharges est bien sûr un problème essentiel mais il me semble que le problème du salaire l'est tout autant. Qu'en pensez-vous ?

Gilles ROUSSEAU

école de COUZON au MONT d'OR 2, rue Reverchon 69 270 COUZON
Ec-Primaire-Couzon@ac-lyon.fr

En réponse:

Je partage votre avis y compris dans l'emploi du mot "salaire". Il me semble en effet que nous aurions toute autre reconnaissance (et toute autre feuille de paye) lorsque nos indemnités de direction deviendront salaires de directeurs.

Le degré de reconnaissance actuel se chiffre aisément; j'ai opéré un calcul cruel en divisant mon indemnité de directeur de mois "chargés", tels Juin et Septembre, par le nombres d'heures effectuées hors temps de décharge (entre midi et 2, soirs et weeks-ends) J'en arrive à constater que, ces mois-ci, j'ai travaillé pour 20 F de l'heure. Sans commentaire.

Précisons qu'à Marseille, notre mairie nous gâte: pour les commandes scolaires, le budget alloué à la direction se monte à la somme mirifique de 600 F. Cela nous permet la dépense somptuaire de 3,70 F par jour (1 timbre et 1 carambar).

Pour un mendiant croisé dans la rue, l'on donne au moins 10 F...

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Ké za ko ? fut ma première réaction lorsque apparut à l'écran "la bouteille à l'encre" en gros titre.

Quelques minutes de lecture plus tard je n'en revenais pas : des collègues directeurs avaient réussi là-bas dans le pays du mistral et des "galéjades" à se rencontrer de manière informelle pour évoquer leur galère quotidienne.

Pourquoi cette surprise ?

Car je n'y croyais plus et je n'y crois encore - veuillez me pardonner - qu'à demi. Ici à Bergerac ( Dordogne ), paisible cité ayant grandi sur la rive droite de la moyenne Dordogne, il a été impossible à deux ou trois directeurs, dont j'étais, de réunir leurs collègues pour débattre librement des problèmes communs, ceux ayant trait à nos relations de travail avec la municipalité et ceux concernant le fonctionnement interne à l'Education Nationale. J'exagère ; depuis 5 ans que j'exerce à Bergerac dans une école à 6 classes, il y a eu une rencontre de ce type, voici 3 ans, dans mon établissement... depuis personne n'a pris le relais.

Sans doute les conditions de travail des directeurs bergeracois sont-elles idylliques...Il est vrai qu' elles sont certainement beaucoup plus agréables qu'ailleurs, à l'image des relations avec la municipalité.

Syndiqué mais en retrait de l'action syndicale depuis plusieurs années, je ne connais pas exactement le pourcentage de participation à la grève administrative ; les échos qui me parviennent la disent bien suivie mais la pression forte exercée par certains IEN auprès de collègues pour recevoir communication des effectifs et autres données administratives fait qu'elle ne me semble guère efficace. Quelques collègues adjoints semblent comprendre nos difficultés.

L'heure des "grandes vacances" allant sonner très prochainement pour moi, je ne serai guère utile à "la bouteille", toutefois je tenais à saluer cette excellente initiative qui confirme si besoin était qu'espoir il faut toujours garder et je resterai un fidèle lecteur - à défaut d'acteur - des prochaines lettres .

J.Pierre FONMARTY directeur de l'école du Taillis à Bergerac

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Belle initiative que cet espace !

D'autant plus que notre ordinateur s'ennuyait ferme cette année au niveau des mails. Je suis chargé d'école rurale de la campagne bucolique à une classe mais intégrée à un RPI.

Quel statut pour les Regroupement d'écoles ? Pour certaines choses nous sommes considérés comme 4 écoles (enquête lourde, décharges de direction...) et pour d'autres comme une seule (projet d'école, conseil d'école...).

Les syndicats n'évoquent que peu le sujet.

Je n'ai pas d'avis définitivement arrêté sur le sujet mais ma réflexion suit son cours.

Qu'en pensent les gens comme vous, lecteurs de la bouteille ?

Pierre Le Menn

33350 St-Genès de C.

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Bien lu, toute la prose. Tout à fait d'accord sur l'analyse faite par tous nos collègues.

Je précise mon environnement: directeur d'une école de 265 gamins- 1/2 déchargé!- banlieue sud ( plutôt résidentielle) de Bordeaux.Beaucoup de projets dans mon école. Pour le dernier, on a été labellisé " école pilote" en informatique. Concrètement, ça veut dire 1 vidéo multimédia offert par Lang! alors que le projet se veut une réflexion pilote sur un nouveau fonctionnement autour de l'informatique.

Nous avons la chance d'avoir un IEN progressiste et très sympa ( cela compte aussi) mais le boulot est là et la 1/2 décharge ne suffit pas dès que l'on fait vivre son école.Je suis en outre assez déçu par les PE. Peu d'investissement, beaucoup d'esprit "fonctionnaire " qu'on nous reproche.
Soyons positif: l'idée d'un réseau de directeurs est intéressante. à +

Jean Duviella

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Cher collègue,

En ce qui concerne les problèmes de la direction d'école et du statut de l'école, mon organisation syndicale (Syndicat des Enseignants - UNSA Education) dont je suis le secrétaire départemental du Vaucluse fait des propositions très concrètes. Nous avons été les premiers dès janvier 2000 à lancer la grève administrative largement suivie dans notre département comme tu le sais.
Sur le statut de l'école et du directeur, attention aux dérives du collège avec la mise en place d'un chef d'établissement. J'y suis opposé dans la mesure où même si le directeur a des tâches administratives et relationnelles
importantes, c'est avant tout un pédago donc un enseignant. Ne transformons pas cette fonction (de directeur) par un grade avec une notion de supérieur hiérarchique. C'est du temps et une revalorisation financière qu'il nous
faut, pas un galon.
Bernard RACANIERE
Directeur de l'école élémentaire de GRILLON (Nord-Vaucluse)
Secrétaire général du SE - UNSA Education Vaucluse


En réponse...

A vrai dire, je ne vois aucun intérêt à remplir des pages de ma seule prose ou de celle des seuls collègues marseillais. Je préfère de loin faire de cette petite feuille de chou un lieu d'échange et de confrontation.
Il est bien certain par ailleurs que j'ai quelques idées sur notre revendication d'un statut de l'école et, partant, d'un statut de la direction d'école; ces idées étant partagées, nous mettons au point des projets en ce sens qui seront diffusés par la "bouteille" dans les numéros à venir.
Toute opinion en la matière étant la bienvenue, je te remercie donc de ton envoi.
Une précision indispensable cependant: j'ai milité pendant dix ans au SNI-PEGC. Je l'ai quitté en 1987, après avoir fait deux mois de grève contre le projet de Maitres-Directeurs. J'ai pu voir alors, bagarre terminée et perdue, l'ensemble des responsables départementaux du SNI s'inscrire pour devenir maitres-directeurs, qu'ils soient à l'époque tendance U et A, (aujourd'hui, ils sont au SNUIPP), ou tendance UID (maintenant au SE).
Je suis donc assez rétif , et au catéchisme péremptoire ("le directeur....c'est avant tout...un enseignant) et à la caricature facile ("grade...supérieur...galon").
Tu connais l'antienne: pas assez sérieux pour donner des leçons et trop pour en recevoir...
Amicalement
Thierry Fabre
simple directeur de l'école élémentaire de La Millière - Marseille (13)

Pour tout avis ou contribution: thierryfabre@worldonline.fr

 

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